Depuis le 14 octobre 2025, Microsoft ne corrige plus Windows 10. La machine continue de démarrer, tout fonctionne, et c’est justement ce qui rend la situation trompeuse : chaque faille découverte depuis cette date reste ouverte.
Environ 500 millions d’appareils dans le monde ne peuvent pas passer à Windows 11 du tout, à cause d’exigences matérielles que Microsoft a fixées. Des machines de 2017 ou 2018 en parfait état, déclarées périmées par une ligne dans un tableau.
Voici ce que presque personne ne dit en Belgique.
Les mises à jour sont gratuites chez nous
Dans le reste du monde, prolonger la sécurité de Windows 10 coûte 30 dollars par an. Dans l’Espace économique européen, Belgique comprise, c’est gratuit.
Ce n’est pas un cadeau de Microsoft. En été 2025, Euroconsumers, qui regroupe Test Achats en Belgique, a attaqué les conditions du programme au titre de l’article 6(6) du Digital Markets Act. Conditionner l’accès à des correctifs de sécurité à l’usage d’un service maison ne passait pas. Microsoft a cédé le 25 septembre 2025 pour les 30 pays de l’EEE.
Concrètement, pour la Belgique :
- Le programme s’appelle ESU (Extended Security Updates)
- Il est gratuit ici, alors qu’il est payant aux États-Unis
- La seule condition restante : utiliser un compte Microsoft personnel pour votre session Windows. La synchronisation OneDrive, obligatoire ailleurs, ne l’est pas chez nous
- La date de fin a été repoussée : prévue d’abord au 13 octobre 2026, elle a été discrètement déplacée au 12 octobre 2027
L’inscription se fait depuis Windows lui-même, dans Paramètres puis Windows Update, où un lien d’inscription au programme apparaît sur les machines éligibles.
Détail qui compte si vous lisez ceci tard : les correctifs sont rétroactifs. Une inscription en 2027 vous donne quand même les mises à jour publiées depuis le début du programme.
Avant tout : votre PC est peut-être compatible sans que vous le sachiez
C’est le cas que je vois le plus souvent à l’atelier, et il est gratuit à corriger.
Windows 11 exige une puce de sécurité appelée TPM 2.0. Sur beaucoup de machines, cette puce est présente mais désactivée d’usine dans le BIOS. L’outil de contrôle de Microsoft annonce alors “incompatible”, le propriétaire conclut que sa machine est bonne pour la casse, et il n’en est rien.
Le réglage porte un nom différent selon le fabricant du processeur :
- AMD : cherchez
fTPMouAMD fTPM Switch - Intel : cherchez
PTTouIntel Platform Trust Technology
Il faut aussi que Secure Boot soit actif et que le disque soit en mode UEFI plutôt qu’en Legacy.
La limite réelle, celle qu’aucun réglage ne contourne, c’est le processeur. Microsoft n’accepte que les Intel de 8e génération et plus récents, et les AMD Ryzen 2000 et plus récents. En dessous, la machine est vraiment hors liste, et c’est là que les options ci-dessous entrent en jeu.
Vos quatre options, sans langue de bois
1. Rester sur Windows 10 avec les ESU jusqu’en octobre 2027 Coût : zéro en Belgique. C’est l’option de bon sens si votre machine vous convient. Elle vous donne un an et demi pour voir venir, sans dépenser un euro et sans rien casser.
2. Réveiller la machine plutôt que la remplacer Un PC de 2017 qui rame n’a presque jamais un problème de processeur. Il a un disque saturé et trop peu de mémoire. Passer un disque mécanique en SSD et doubler la RAM transforme une machine poussive en machine confortable, pour une fraction du prix d’un PC neuf. Combinée aux ESU, c’est souvent le meilleur rapport entre ce que ça coûte et ce que ça rapporte.
3. Passer sous Linux Si votre usage tient dans un navigateur, des mails, des documents et des photos, une distribution comme Linux Mint tourne très bien sur du matériel que Windows 11 refuse. C’est gratuit, c’est maintenu, et l’interface ne dépayse pas quelqu’un qui vient de Windows. Ce n’est pas pour tout le monde : si vous dépendez d’un logiciel métier Windows précis, cette voie n’est pas la vôtre.
4. Remplacer Parfois c’est la bonne réponse. Un portable de 2014 dont la batterie est morte, l’écran fatigué et le clavier capricieux ne mérite pas qu’on y investisse. Mais cette décision se prend après diagnostic, pas parce qu’un message d’alerte s’affiche au démarrage.
Ce que je regarde, dans l’ordre
Quand une machine arrive à l’atelier avec cette question, la marche à suivre est toujours la même :
- Le processeur est-il sur la liste de Microsoft ? Si oui, il reste peut-être juste à activer le TPM dans le BIOS, et le dossier est clos
- Si non, l’inscription aux ESU est faite tout de suite. Gratuite, elle sécurise la machine pendant que vous réfléchissez
- Ensuite seulement vient la question de l’investissement : SSD, mémoire, Linux, ou remplacement
Aucune de ces étapes ne demande de décider dans l’urgence. C’est exactement pour ça que le message d’alerte de Microsoft est agaçant : il pousse à l’achat impulsif alors que la sécurité est réglable gratuitement en dix minutes.
Si vous ne savez pas où vous en êtes
Beaucoup de gens ne savent même pas quel processeur équipe leur machine, et c’est parfaitement normal. Décrivez votre situation via le diagnostic en ligne, ou passez à l’atelier avec le PC. Vous repartez en sachant si votre machine est récupérable, ce que ça coûterait, et si ça vaut la peine.
Et si la réponse est “gardez votre argent, votre PC tient encore deux ans”, vous l’entendrez aussi.